La semaine dernière, une gérante de boutique à Sallanches m'a demandé de jeter un œil à son site. "Il est lent, mais l'agence me dit que c'est normal." J'ai ouvert les outils de développement. En 30 secondes, j'avais ma réponse : 47 requêtes inutiles, des images de 4 Mo, et un code qui ressemblait à un plat de spaghetti.
Son site à 800€ lui coûtait des clients chaque jour. Pas parce que 800€ c'est trop peu — j'ai vu des sites excellents à ce prix. Mais parce que personne ne lui avait expliqué ce qu'elle achetait vraiment.
En 15 ans à développer des sites web dans la vallée du Mont-Blanc, j'ai ouvert le capot de centaines de sites "pas chers". Voici ce que je trouve — et pourquoi ça devrait vous inquiéter.
Le syndrome du template mal déguisé
Premier réflexe quand j'analyse un site : regarder le thème utilisé. Sur les 30 derniers sites "sur mesure" qu'on m'a montrés, 22 étaient des templates WordPress à 59$ avec les couleurs changées.
Ce n'est pas un crime en soi. Un bon template bien configuré peut très bien fonctionner. Le problème ? Quand on vous vend du "sur mesure" au prix du sur mesure, mais qu'on vous livre du template.
💡 Ce que 15 ans m'ont appris
Le template n'est pas le problème. Le mensonge, oui. Un artisan menuisier de Saint-Gervais m'a montré sa facture : 3 200€ pour un "site entièrement personnalisé". J'ai reconnu le thème en 10 secondes — Flavor, un template à 69$. Le prestataire avait juste changé les photos et le logo. Le client payait 3 131€ de "personnalisation" qui n'existait pas.
Comment vérifier vous-même ? Clic droit sur votre site, "Afficher le code source", et cherchez des termes comme "theme" ou "flavor" ou "flavor" dans les premières lignes. Vous pourriez avoir des surprises.
Les images qui plombent tout
C'est le problème numéro un que je rencontre. Et le plus facile à éviter.
Un restaurateur près de Chamonix m'a appelé en novembre dernier, pendant la fermeture. Son site de restaurant mettait 12 secondes à charger sur mobile. "Les clients abandonnent avant de voir la carte", me disait-il.
J'ai regardé : ses photos de plats faisaient 5 Mo chacune. La page d'accueil chargeait 45 Mo d'images. Pour comparaison, un site bien optimisé charge moins de 2 Mo au total.
| Ce que je vois souvent | Ce que ça devrait être |
|---|---|
| Images de 3-5 Mo | Images de 100-300 Ko |
| Format JPEG/PNG non optimisé | Format WebP avec fallback |
| Toutes les images chargées d'un coup | Chargement différé (lazy loading) |
| Pas de tailles responsives | Plusieurs tailles selon l'écran |
Le pire ? L'optimisation d'images prend 30 minutes maximum. C'est juste que personne ne prend le temps de le faire sur les projets "pas chers".
Le code qui fait peur
Je ne suis pas du genre à critiquer le travail des autres. Mais parfois, ce que je vois me laisse perplexe.
Une monitrice de ski indépendante près de Megève m'a demandé de modifier son site de réservation. Simple demande : ajouter un bouton. J'ai ouvert le code. Trois heures plus tard, je cherchais encore où était quoi.
Le problème des sites "pas chers" assemblés à la va-vite : personne ne pense à la maintenance. Le code est écrit pour que ça marche une fois, pas pour que quelqu'un puisse le modifier après.
Les signes d'un code problématique
Sans être développeur, vous pouvez repérer des indices. Votre site met plus de 4 secondes à charger ? Les modifications prennent toujours "plus longtemps que prévu" ? Chaque petit changement génère des bugs ailleurs ? Votre prestataire vous dit que c'est "compliqué" d'expliquer pourquoi ? Ce sont des signaux d'alerte.
Les plugins qui s'accumulent
WordPress est une excellente plateforme. Le problème, c'est quand on empile les plugins sans réfléchir.
J'ai analysé le site d'un hôtel de la vallée de l'Arve le mois dernier. 34 plugins actifs. Dont 12 qui faisaient doublon, 8 qui n'étaient plus mis à jour depuis 2 ans, et 3 avec des failles de sécurité connues.
Chaque plugin, c'est du code supplémentaire qui charge. Du code qui peut entrer en conflit avec le reste. Du code qui doit être maintenu et mis à jour.
Sur les sites "pas chers", j'observe souvent cette logique : plutôt que de coder proprement une fonctionnalité, on installe un plugin. Puis un autre. Puis un autre. Jusqu'à ce que le site devienne ingérable.
La sécurité ? Quelle sécurité ?
C'est le point qui me préoccupe le plus. Parce que les conséquences peuvent être graves.
Un artisan de Sallanches m'a contacté en panique l'hiver dernier. Son site vitrine affichait des publicités pour des médicaments douteux. Il ne comprenait pas — "je n'ai rien touché".
Son site avait été piraté via une faille dans un plugin non mis à jour. Le prestataire qui avait fait le site à 600€ n'avait prévu aucune maintenance. Résultat : 6 mois sans mise à jour, et une porte grande ouverte pour les hackers.
Checklist sécurité minimale
- WordPress et plugins à jour (vérifier chaque mois minimum)
- Certificat SSL actif (https://)
- Sauvegardes automatiques régulières
- Mots de passe forts et uniques
- Plugin de sécurité configuré (Wordfence, Sucuri...)
- Suppression des plugins et thèmes inutilisés
La sécurité, ça ne se voit pas. C'est pour ça que c'est souvent la première chose qu'on néglige quand on tire sur les prix.
Le vrai coût d'un site "pas cher"
Je ne dis pas qu'il faut dépenser 10 000€ pour avoir un bon site. J'ai vu des sites à 1 500€ parfaitement réalisés, et des sites à 8 000€ catastrophiques.
Le problème n'est pas le prix. C'est ce qu'on met dedans.
Calcul rapide
Un site lent qui fait fuir 30% des visiteurs sur mobile (c'est la moyenne que j'observe), c'est combien de clients perdus par mois ? Si vous avez 500 visiteurs mensuels et un taux de conversion de 5%, ça fait 7-8 clients perdus chaque mois. À 100€ de panier moyen, c'est 800€/mois. En un an, votre site "pas cher" vous a coûté 9 600€ en clients perdus.
Quand je fais un site vitrine pour un commerce de la vallée, je passe du temps sur ces détails invisibles. Parce que c'est là que se joue la différence entre un site qui travaille pour vous et un site qui vous freine.
Comment savoir où vous en êtes
Vous n'avez pas besoin de savoir coder pour évaluer la qualité technique de votre site. Voici trois tests gratuits que vous pouvez faire maintenant :
Test 1 : PageSpeed Insights de Google. Tapez l'URL de votre site. Un score mobile en dessous de 50, c'est problématique. En dessous de 30, c'est urgent.
Test 2 : GTmetrix. Regardez le "Fully Loaded Time". Au-delà de 5 secondes, vous perdez des visiteurs.
Test 3 : Le test du 4G lent. Ouvrez votre site sur votre téléphone, en désactivant le WiFi. Si vous avez le temps d'aller vous faire un café avant que la page charge, il y a un problème.
💡 Mon conseil aux entrepreneurs de la vallée
Avant de signer pour un site, demandez à voir le score PageSpeed d'un site similaire réalisé par le prestataire. S'il ne sait pas ce que c'est, ou s'il vous dit que "ça n'a pas d'importance", passez votre chemin. En 2024, la performance technique n'est plus optionnelle — c'est un critère de référencement Google et d'expérience utilisateur.
Questions fréquentes
Comment savoir si mon site a été fait avec un template ?
C'est une question que beaucoup n'osent pas poser, et je comprends — on ne veut pas avoir l'air de douter de son prestataire. Le test simple : faites un clic droit sur votre site, "Afficher le code source", et cherchez (Ctrl+F) des mots comme "theme", "flavor", "flavor", "flavor" ou le nom de thèmes connus (flavor, flavor, flavor). Vous pouvez aussi utiliser des outils comme WhatWPThemeIsThat.com pour WordPress. Ce n'est pas grave d'avoir un template — c'est grave de l'avoir payé comme du sur mesure.
Mon site est lent, mais mon prestataire dit que c'est l'hébergement. C'est vrai ?
C'est l'excuse classique, et parfois c'est vrai — mais dans 80% des cas que j'ai analysés, le problème vient du site lui-même. Test simple : faites un PageSpeed Insights. Si le rapport mentionne des problèmes d'images, de JavaScript ou de CSS, ce n'est pas l'hébergement. L'hébergement impacte le "Time to First Byte" (TTFB) — si ce chiffre est bon mais que le reste est mauvais, votre prestataire vous raconte des histoires.
Est-ce que ça vaut le coup de refaire mon site ou de le réparer ?
Ça dépend vraiment de l'état du code existant. Honnêtement, sur les sites "pas chers" que j'analyse, je recommande une refonte complète dans 7 cas sur 10. Pourquoi ? Parce que réparer du code mal écrit coûte souvent plus cher que de repartir sur des bases saines. Le test : demandez un devis de réparation ET un devis de refonte. Si la réparation dépasse 50% du prix d'un nouveau site, refaites-le.
Combien devrait coûter un site vitrine correct pour mon activité ?
Je comprends la confusion — les prix varient de 500€ à 15 000€ pour des prestations qui semblent similaires. Dans la vallée du Mont-Blanc, pour un site vitrine de 5-7 pages bien fait (rapide, sécurisé, optimisé mobile, avec des bases SEO), comptez entre 1 500€ et 3 500€. En dessous, méfiez-vous des compromis cachés. Au-dessus, demandez ce qui justifie le prix. Le critère clé : est-ce que le prestataire parle de performance et de maintenance, ou juste de "design" ?
Les mises à jour WordPress, c'est vraiment important ?
Oui, et c'est non négociable. Chaque mise à jour corrige des failles de sécurité. Un WordPress non mis à jour, c'est comme laisser la porte de votre commerce ouverte la nuit. J'ai vu des sites piratés après seulement 3 mois sans mise à jour. Le problème : beaucoup de prestataires "pas chers" ne prévoient pas de maintenance. Résultat, le client se retrouve seul face à des mises à jour qu'il ne sait pas faire. Prévoyez un budget maintenance (50-100€/mois) ou apprenez à le faire vous-même.
Un doute sur votre site actuel ?
Envoyez-moi l'URL de votre site. Je vous fais un diagnostic rapide de ce qui marche et ce qui bloque — gratuit, sous 48h. Pas de jargon, juste des observations concrètes et des recommandations actionnables.
Demander un diagnostic gratuit →