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7 questions à poser avant de signer avec une agence web

J'ai analysé des centaines de contrats web dans la vallée. Voici les 7 questions que personne ne pose — et qui évitent 90% des mauvaises surprises.

Illustration de l'article Entreprise: 7 questions à poser avant de signer avec une agence web

Le mois dernier, une gérante de salon de coiffure à Sallanches m'a montré le contrat qu'elle s'apprêtait à signer. Quatre pages en police 9, des termes comme « licence d'exploitation non-cessible » et « hébergement mutualisé propriétaire ». Elle m'a dit : « J'ai rien compris, mais ils avaient l'air sérieux. »

J'ai lu le contrat. En résumé : elle allait payer 4 200€ pour un site dont elle ne serait jamais propriétaire. Si elle résiliait, elle repartait les mains vides. Pas de fichiers, pas de nom de domaine, rien.

En 15 ans dans la vallée du Mont-Blanc, j'ai analysé des centaines de devis et de contrats. Et je peux vous dire une chose : le problème n'est presque jamais le prix. C'est ce qu'on ne vous dit pas — ou ce qu'on noie dans le jargon — qui finit par vous coûter cher. Voici les sept questions que je recommande de poser AVANT de signer quoi que ce soit.

1. « Qui sera propriétaire du site à la fin ? »

C'est la question la plus importante, et pourtant presque personne ne la pose. J'ai vu un hôtelier de Megève investir 15 000€ dans un site de réservation avec une agence lyonnaise. Dix-huit mois plus tard, il voulait changer de prestataire. Réponse de l'agence : « Le site est développé sur notre framework propriétaire, il n'est pas transférable. » Il a dû tout recommencer à zéro.

Ce que vous devez entendre comme réponse : « Vous êtes propriétaire de tout — code source, design, contenu, nom de domaine. » Si c'est flou, si on vous parle de « licence » ou de « plateforme propriétaire », c'est un signal d'alarme. J'en parle en détail dans mon article sur ce que les agences cachent avant de signer.

Le test en 10 secondes

Demandez : « Si je résilie dans 6 mois, est-ce que je repars avec tous les fichiers sources ? » Une bonne agence répondra oui sans hésiter. Une mauvaise commencera par « oui, mais... »

2. « Qu'est-ce qui n'est PAS inclus dans ce devis ? »

Sur les 50 derniers devis que des clients de la vallée m'ont montrés, 40 omettaient au moins un poste de coût significatif. Les plus fréquents : le nom de domaine (15€/an, pas grave), l'hébergement (50 à 300€/an, ça compte), la maintenance et les mises à jour (200 à 1 200€/an, ça pique), et surtout les modifications post-livraison.

Un artisan plombier entre Sallanches et Passy m'a raconté avoir signé pour un site vitrine à 1 800€. Correct. Sauf que chaque modification de texte était facturée 90€ de l'heure, avec un minimum d'une heure. Changer un numéro de téléphone : 90€. Ajouter une photo : 90€. En un an, il avait dépensé 1 400€ de « petites modifications ».

Ce que vous devez exiger : un devis qui liste explicitement ce qui est inclus ET ce qui ne l'est pas. Si vous voulez voir à quoi ressemble un devis transparent, j'ai détaillé mes propres tarifs ligne par ligne.

3. « Qui s'occupe de la maintenance après la mise en ligne ? »

Un site web, c'est comme un chalet : si personne ne l'entretient, il se dégrade. Mises à jour de sécurité, sauvegardes, compatibilité avec les nouvelles versions de navigateurs — tout ça demande du suivi. Et dans notre secteur, entre la haute saison d'hiver et le rush estival, vous n'avez clairement pas le temps de vous en occuper.

Trois scénarios possibles :

  • L'agence propose un contrat de maintenance — demandez le prix annuel et ce qui est couvert exactement
  • L'agence ne propose rien — qui s'en charge ? Vous ? Un autre prestataire ? C'est faisable, mais il faut le prévoir
  • La maintenance est « incluse » — pendant combien de temps ? Un an ? Trois mois ? « À vie » (spoiler : personne ne fait ça gratuitement à vie)

J'ai écrit un guide complet sur la maintenance de site web si vous voulez comprendre ce que ça implique concrètement.

4. « Pouvez-vous me montrer des sites similaires que vous avez réalisés ? »

Ça paraît évident, mais j'ai rencontré une restauratrice de Chamonix qui avait signé avec une agence dont le portfolio ne contenait que des sites e-commerce pour des marques de vêtements. Rien dans la restauration, rien dans le tourisme, rien en montagne. Résultat : un site magnifique sur écran, mais sans système de réservation fonctionnel, sans menu en PDF téléchargeable, sans les horaires saisonniers qu'un restaurant de station doit afficher clairement. Elle a payé 6 500€ et a dû refaire la moitié six mois plus tard.

Ce que vous cherchez : des exemples dans votre secteur ou dans un secteur proche. Un prestataire qui a déjà créé un site pour un hôtel de montagne comprendra vos contraintes de saisonnalité sans que vous ayez à tout expliquer.

💡 Ce que 15 ans m'ont appris

Le vrai critère, ce n'est pas la beauté du portfolio. C'est la pertinence. Un site de restaurant qui ne gère pas les horaires saisonniers, un site de moniteur de ski sans système de réservation — j'en vois régulièrement. L'agence a fait du « beau » sans comprendre le métier. Dans la vallée du Mont-Blanc, votre site doit fonctionner pendant la fermeture de novembre comme pendant le rush de février. Si votre prestataire ne comprend pas ça instinctivement, vous passerez votre temps à expliquer des évidences.

5. « Quel est le délai réaliste, et que se passe-t-il si c'est en retard ? »

Je vais être direct : dans notre métier, les retards sont fréquents. Et dans la vallée, un retard peut être catastrophique. Si votre site devait être prêt pour l'ouverture de la saison d'hiver et qu'il sort en janvier, vous avez raté le pic de réservations de décembre.

Un gérant de chalet de location près de Saint-Gervais avait commandé son site web avec réservation directe en juillet pour une livraison fin octobre. L'agence a livré mi-décembre. Deux mois de retard pendant lesquels il a dû continuer à payer 15% de commission à Booking sur chaque réservation. Coût du retard : environ 3 800€ de commissions qui auraient pu être évitées.

Ce que vous devez demander : un calendrier avec des jalons clairs. Et surtout : « Que se passe-t-il si vous dépassez le délai ? » Une agence sérieuse acceptera de discuter de pénalités ou de compensations. Une agence qui esquive cette question vous prépare à attendre.

6. « Est-ce que je pourrai modifier le contenu moi-même ? »

C'est une question de bon sens, mais elle est souvent oubliée. Vous gérez un commerce qui fait 70% de son chiffre d'affaires en trois mois. Quand vous devez mettre à jour vos horaires d'hiver, ajouter une offre spéciale pour les vacances de février, ou corriger une erreur de prix — vous ne pouvez pas attendre 48h qu'un développeur à Paris le fasse pour vous.

CritèreSite modifiable par vousSite verrouillé
Modifier un texte5 minutes, gratuit48-72h d'attente + facturation
Ajouter une photo2 minutes, gratuitEnvoi par email + validation + facturation
Changer les horairesImmédiatDemande de devis pour modification
Coût annuel moyen des modifications0€500 à 2 000€

Exigez un site avec un back-office simple (WordPress, par exemple) et une formation d'une heure pour savoir l'utiliser. Si on vous dit que « c'est trop technique pour vous », changez de prestataire.

7. « Comment mon site sera-t-il visible sur Google ? »

Avoir un beau site que personne ne trouve, c'est comme avoir une boutique magnifique dans une impasse sans panneau. J'ai vu des dizaines de sites dans la vallée qui n'avaient aucune optimisation pour le référencement local : pas de balises title correctes, pas de contenu optimisé pour « [activité] + Chamonix » ou « [service] + Megève », pas de fiche Google Business liée.

Ce que vous devez demander : « Quelles optimisations SEO sont incluses dans le devis ? » Pas du vague « on optimise pour Google ». Du concret : recherche de mots-clés, balises meta, vitesse de chargement, version mobile, intégration Google Business Profile. Si votre prestataire ne sait pas expliquer clairement ce qu'il fait pour votre visibilité, c'est qu'il ne fait probablement rien. Pour aller plus loin, j'ai compilé les 10 erreurs SEO les plus fréquentes sur les sites locaux.

Checklist : les 7 questions à poser avant de signer

  • ☐ Qui sera propriétaire du site (code, design, domaine) ?
  • ☐ Qu'est-ce qui n'est PAS inclus dans le devis ?
  • ☐ Qui gère la maintenance après livraison, et à quel prix ?
  • ☐ Avez-vous des réalisations dans mon secteur d'activité ?
  • ☐ Quel est le délai réaliste, et que se passe-t-il en cas de retard ?
  • ☐ Pourrai-je modifier le contenu moi-même ?
  • ☐ Quelles optimisations SEO concrètes sont incluses ?

Questions fréquentes

Un devis bas, c'est forcément un piège ?

Pas forcément — et c'est important de ne pas tomber dans la paranoïa non plus. Un devis à 800€ peut être tout à fait honnête pour un site vitrine simple de 3-4 pages. Le problème, ce n'est pas le prix bas en soi, c'est quand le prix bas cache des coûts récurrents non mentionnés. J'ai vu des devis à 500€ qui finissaient par coûter 3 000€ sur trois ans à cause de l'hébergement propriétaire et des frais de modification. Test simple : additionnez le coût initial + hébergement + maintenance + modifications estimées sur 3 ans. C'est le vrai prix de votre site.

Comment vérifier que je suis bien propriétaire de mon nom de domaine ?

C'est une inquiétude légitime — j'ai vu plusieurs cas dans la vallée où le nom de domaine était enregistré au nom de l'agence, pas du client. Pour vérifier : allez sur whois.net ou who.is et tapez votre nom de domaine. Le champ « Registrant » (titulaire) doit afficher votre nom ou celui de votre entreprise. Si c'est le nom de votre agence web, vous avez un problème. Demandez le transfert immédiatement — c'est votre droit, et c'est une procédure simple qui prend 5 à 7 jours.

Mon agence actuelle me dit que je ne peux pas partir avec mon site. C'est vrai ?

Ça dépend de ce que dit votre contrat — et c'est exactement pour ça que la question n°1 est si importante. Si votre site est construit sur un CMS standard (WordPress, Prestashop) et que le contrat stipule que vous êtes propriétaire, vous pouvez partir avec tout. Si c'est un « framework propriétaire » ou une « plateforme maison », techniquement le code leur appartient et vous ne pouvez pas le récupérer. Dans ce cas, vous repartez avec votre contenu (textes, photos) mais pas avec le site en lui-même. C'est la situation la plus frustrante, et malheureusement la plus courante dans les contrats que j'analyse.

Faut-il privilégier une agence locale ou une agence en ligne moins chère ?

Je ne vais pas vous dire « local c'est toujours mieux » juste parce que je suis local. Ce que j'observe en revanche : quand un moniteur ESF indépendant a besoin de mettre à jour son site trois jours avant l'ouverture de saison, il a besoin de quelqu'un qui répond le jour même et qui comprend ce que « ouverture de saison » signifie. Une agence à Paris qui gère 200 clients ne mettra pas votre urgence en priorité. Le critère, ce n'est pas « local vs en ligne », c'est « est-ce que cette personne comprend mon activité et sera réactive quand ça compte ? »

Combien de temps prend la création d'un site web ?

Pour un site vitrine de 5-7 pages, comptez 3 à 6 semaines si tout le monde joue le jeu (vous fournissez les textes et photos à temps, le prestataire respecte ses délais). Pour un site e-commerce ou avec un système de réservation, c'est plutôt 6 à 12 semaines. Le facteur le plus sous-estimé : le temps que VOUS mettez à fournir le contenu. Sur mes derniers projets, le délai moyen de livraison du contenu par le client était de 3 semaines — alors que le développement technique prenait 2 semaines. Si vous êtes en intersaison, profitez-en : c'est le meilleur moment pour avancer sans pression.

Passez à l'action

Vous avez reçu un devis et quelque chose vous semble flou ? Envoyez-le moi par email ou appelez-moi au 04 50 58 10 65. Je le lis, je vous dis ce que j'en pense — honnêtement, sans engagement, et sans essayer de vous vendre autre chose. C'est comme ça que je travaille depuis 15 ans dans la vallée du Mont-Blanc.

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